![]() Une petite Histoire de la Bible en France, suivie des enjeux et des dangers des traductions d'aujourd'hui. |
La Bible en France avant le temps de la Réforme
Jusqu'à cette époque, quasiment toute l'Europe est catholique. Il existe ici et là des petits groupes religieux persécutés car considérés comme hérétiques par le clergé romain : les Vaudois sont de ceux-là (les communautés de Lyon et de Provence possédaient quelques copies partielles de la Bible basées sur la Vulgate latine, que l'on connait d'après des études philologiques réalisées au XIXe siècle par Samuel Berger). Mais quelles que soient les différences doctrinales de ces groupes par rapport à l'Eglise du Pape, on ne connait la Bible qu'à travers la traduction latine officielle de l'Eglise Romaine : la "Vulgate de Saint Jérôme". La Vulgate est très
ancienne : elle date de la fin du IVe siècle. Avant cette époque,
l'Eglise d'Occident possédait un ensemble de textes bibliques en
latin qui dérivait d'une Bible dite "Africaine", que
nous connaissons à travers les écrits des "Pères
de l'Eglise" que sont Irénée, Origène, Tertullien,
Cyprien. Tout le Moyen-Age a donc vécu la foi chrétienne sur la base de la Vulgate latine de Jérôme. L'Histoire de la
Bible en France connait une nouvelle étape à la fin du XVe
siècle : de nombreux lettrés du monde grec doivent se réfugier
en Occident quand les Turcs envahissent l'Empire d'Orient et font chuter
la capitale de Constantinople en 1452. Ces lettrés emmènent
avec eux en Occident des manuscrits grecs de la Bible : à Venise,
au début du XVIe siècle, des éditeurs impriment ces
textes : les lettrés d'Europe découvrent enfin de nouveaux
textes hébreux et grecs pour étudier la Bible. |
Qu'appelle-t-on Texte Reçu ?
Toutes les Bibles publiées dans le monde réformé de cette époque ont pour caractéristique d'appartenir à un tronc commun de manuscrits grecs, pour le Nouveau Testament, qui est nommé "Texte majoritaire". Les travaux des humanistes chrétiens du XVIe siècle ont débouché sur des éditions d'un texte grec "vérifié". Ce texte a été appelé "Texte Reçu" pour le première fois dans la préface du Nouveau Testament grec d'Erasme publié après correction par Heinsius en 1633. Le premier travail philologique d'Erasme de Rotterdam sur la Bible remontait déjà à l'année 1516 : il publia à cette date une édition grecque du Nouveau Testament réalisée en étudiant de nombreux manuscrits qu'il rechercha à travers d'incessants voyages. Avec cette première édition d'un Nouveau Testament revu non plus sur la "Vulgate", mais directement sur des manuscrits grecs, un mouvement de pensée profond vit le jour : Luther lança la Réforme en 1517, et 5 ans plus tard publia sa traduction du Nouveau Testament en allemand. En 1524, l'élan se poursuivit avec la parution du Nouveau Testament de la Bible de Zurich. Le Texte Reçu
(TR) repose donc sur l'ensemble des manuscrits grecs appelés "Texte
gréco-byzantin" ou "Texte Majoritaire"
(TM). Ces manuscrits proviennent d'Asie mineure et de Grèce, c'est-à-dire
des territoires où furent fondées les premières églises
chrétiennes apostoliques au premier siècle de notre ère.
Nous pouvons croire, en l'absence de toute donnée historique qui le réfuterait, que la transmission des écrits de la Parole de Dieu a été soigneusement effectuée. Les premiers copistes chrétiens ont bénéficié de la présence de nombreux juifs dans ces territoires : à leur contact, ils ont appris les techniques pour copier fidèlement les Ecrits Saints. Dans les pays d'Asie Maneure, où le climat est assez humide, les copies sur parchemin, ou papyrus avaient une durée de vie de 150 ou 200 ans seulement. Cela contraignait les copistes à refaire sans cesse de nouveaux exemplaires. Les manuscrits les plus anciens en notre possession sont donc d'une date de création relativement tardive, du VIIIe au XVe siècle. On constate cependant, que plusieurs manuscrits du Ve et VIe sur papyrus ont les formes typiques du TM. Cela confirme la régularité de ce corpus : la cohérence entre les différents manuscrits du TM est très grande, quel que soit leur âge ou leur provenance. Pour les écritures de l'Ancien Testament, le Texte Massorétique fut la référence indiscutable. Le plus vieux manuscrit date du Xe siècle. Il est l'oeuvre des Massorètes, une communauté de copistes juifs qui ont perpétué la tradition millénaire de la copie biblique. Dès la fin du XVe siècle, le texte massorétique hébreu de la Bible fut imprimé à plusieurs reprises et servira aux humanistes pour traduire la Bible. Quelle valeur peut-on accorder aux copies hébraïques des Massorètes ? La Bible nous en donne la réponse : la Parole de Dieu elle-même rend témoignage que l'on peut vraiment faire confiance à leur travail. Voici ce qu'écrit Paul, sous le conduite du Saint-Esprit :
Les Bibles de la Réforme jusqu'à la Bible Martin de 1707
Un mot sur la Bible d'Olivétan : la première Bible française traduite sur les originaux hébreux et grecs Ce jeune homme protestant a étudié l'hébreu et le grec à Strasbourg. En 1532, il est sollicité par le réformateur Guillaume Farel pour traduire une Bible nouvelle : Olivétan utilise des manuscrits très anciens : une copie de la Vetus Italia, traduction en latin datant de 157 ap JC des manuscrits originaux de l'Eglise d'Antioche, fournie par les Vaudois des Alpes. Il dispose aussi des 3 premières éditions imprimées en 1488, 1491 et 1494, du texte hébreu des Massorètes. Il a les 4 premières éditions du texte grec du Nouveau Testament d'Erasme de Rotterdam (éditions de 1516, 1519, 1522 et 1527). Il possède le dictionnaire d'Hébreu de Munster de 1525 et le "Thesaurus de la langue sainte" de Pagnini de 1529. La traduction d'Olivétan est imprimée en 1535. (Un article complet sur la personnalité d'Olivétan et sur sa traduction se trouve sur bibliorama.biblemartin.com). Le plus grand lettré français ayant travaillé sur la Bible est Calvin : en 1551, il publie une révision de la Bible de son cousin Olivétan. Cette traduction deviendra la principale Bible des protestants francophones : Robert Estienne la publie en 1553 avec le système original de la numérotation des versets qui sera conservé jusqu'à aujourd'hui. En 1588, Théodore de Bèze révise une nouvelle fois le texte d'Olivétan : c'est cette version qui devient alors ce que l'on appelle "la Bible de Genève". La Bible de Genève est ensuite imprimée à la Rochelle en 1606, à Saumur en 1614, à Sedan en 1633, à Amsterdam en 1635. En 1644 la Bible de Genève est revue par Diodati avec des annotations abondantes. En 1652 a lieu la première impression parisienne de la Bible de Genève. 17 ans plus tard, est publiée la plus belle Bible du XVIIe siècle : il s'agit de la monumentale Bible de Genève de 1669 publiée chez les célèbres imprimeurs Elzévier par les pasteurs français Samuel et Louis Des Marest. Cette Bible comporte toutes les notes théologiques franco-flamandes des éditions antérieures. Le lecteur curieux peut se procurer un fac-simile photographique de l'intégralité de cette belle Bible, dans une collection en 3 cdroms diffusée à faible coût par bibliorama.biblemartin.com (Voir la page d'accueil du site). Enfin, 30 ans plus
tard, à la demande des Eglises Wallonnes francophones, David Martin
se livre à son tour à une révision de la Grande Bible
de Genève. Il publie le Nouveau Testament en 1696, puis l'intégralité
de la Bible en 1707, à Amsterdam. Pour plus de renseignements sur
le travail de David Martin, et sur sa personnalité, consulte la
page sur sa biographie. Après décision du Synode de
Leuwarden, la Bible de David Martin devient dès 1710 la version
officielle des églises protestantes de langue française.
En 1744, Pierre Roques, pasteur à Bâle, publie une
édition de la Bible Martin, avec quelques retouches de langage.
C'est ce texte qui est maintenant disponible sur Internet à l'adresse
www.biblemartin.com. |
L'apparition au XIXe siècle de Codexs Grecs corrompus
Aujourd'hui, en ce début du XXIe siècle, toutes nos traductions bibliques modernes ont écarté le TR et ont intégré de nombreuses variantes ou procédé à de nombreuses omissions, suite à la découverte de nouveaux manuscrits grecs du Nouveau Testament : au XIXe siècle sont apparus en Europe les Codexs grecs Vaticanus et Sinaïticus, qui ont été appelés : "Texte minoritaire" par opposition au Texte Majoritaire gréco-byzantin. La critique textuelle moderne les a mis à l'honneur, en les jugeant plus fidèles car plus anciens : en effet le Codex A (Sinaïticus) et le Codex B (Vaticanus) ont tous les deux été datés du IVe siècle de notre ère. Est-ce suffisant pour leur faire confiance ? Voici quels arguments qui montrent qu'à leur sujet le scepticisme est vraiment permis ! 1ère raison d'être sceptique : des manuscrits apparus dans des conditions "étranges" : Il est incroyable de lire dans la préface de la Traduction Oecuménique de la Bible (TOB) parue en 1972 les phrases suivantes :
Oui ! Le Vaticanus est sorti d'on ne sait où au XIXe siècle, certains disent des caves du Vatican ! Quant au Codex Sinaïticus, la découverte est encore plus rocambolesque : il aurait été découvert par un étudiant allemand du nom de Tischendorf dans des conditions étranges : selon son témoignage, que nul n'a pu vérifier, il aurait trouvé un volumineux paquet de parchemins dans les détritus du monastère orthodoxe de Sainte-Catherine, sur le mont Sinaï, en 1859. Le concierge s'apprêtait à brûler ces parchemins que personne n'avait jugé bon conserver. Il va sans dire que Tischendorf passa sa vie à défendre sa découverte et a déclaré haut et fort que son manuscrit était le meilleur. 2ème raison d'être sceptique : des variantes très nombreuses par rapport au Texte Reçu : Voici le décompte des variantes relevées par John William Burgon, publiées dans son livre : "Unholy hands on the Bible" ("Des mains souillées sur la Bible"), Lafayette, Indiana, 1990. Le Codex A (Sinaïticus)
comporte seulement pour les Evangiles 1 460 variantes. Le manuscrit
pullule d'erreurs de copies, avec des omission de mots et même de
lignes entières ! Uniquement dans les Evangiles, par rapport au
TR, le Codex A enlève 3 455 mots, en rajoute 1 265, en
substitue 1 114 avec d'autres, change l'emplacement des mots dans
les phrases à 2 299 reprises et en altère 1 265.
Au total, cela porte les variantes à 8 972. Dix correcteurs
ont du retravailler dessus pour remettre en ordre une partie des erreurs
les plus grotesques ! Le Codex B (Vaticanus)
comporte 589 variantes uniquement dans les Evangiles. Comparé avec
le TR, le Codex B omet 2 877 mots, en remplace 935, en ajoute 526,
change 2 089 mots de place et en modifie 1 132, soit un total
de 7 578 variantes ! 3ème raison d'être sceptique : des savants biblistes sans piété et même occultes : Brooke Foss Westcott (1825-1901) et Fenton John Anthony Hort (1828-1892) étaient deux universitaires anglais qui produisirent le texte grec corrompu sur lequel sont basées les versions modernes (c'est-à-dire sur la 26e édition du texte grec par Nesle-Aland). On doit à leur influence dominante sur le Comité de révision de 1871-1881 la plupart des corruptions qui touchent les traductions modernes. Voici le constat établi par le révérend D. A. White, qui écrit ce qui suit (en page 41 de son livre Defending the King James Bible) :
Celui qui étudie l'histoire des traducteurs de la Bible doit connaître la biographie de ces deux hommes. Ces renseignements sont fort bien documentés dans"Final Authority" de William Grady, et dans "New Age Bible Versions" de Gail Riplinger.
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La défense de la Bible Martin dans les enjeux du XXIe siècle et le scandale des "Bibles" nouvelles (Bayard 2001 et Segond 2002)
Le Seigneur Jésus lui-même nous a enseigné que le diable vient ôter la parole du salut dans le coeur des hommes négligents :
Aujourd'hui, les traducteurs de la Bible font preuve de la même négligence : ils altèrent la précision du vocabulaire biblique, sous prétexte qu'il faut traduire le texte hébreu ou grec dans une langue dépoussiérée et compréhensible par tous. C'est un faux prétexte. En fait, ils sont conduits par l'esprit du monde qui ne supporte pas le message de la repentance et du salut contenu dans la Parole de Dieu. Voici deux exemples récents de traductions dangereuses :
Voici ci-dessous
un tableau comparatif sur la Bible Bayard qui démontre l'altération
des mots et de la pensée chrétienne : |
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Un autre exemple récent de traduction dangereuse :
Voici ci-dessous quelques passages qui montrent que l'ambiguïté des nouveaux mots choisis par les traducteurs de la NBS finira par corrompre la pensée chrétienne dans les générations à venir si les chrétiens ne font pas attention. Les trois mots les plus caractéristiques de la pensée chrétienne sont "repentance", "résurrection" et "Evangile". Voici comment on arrive à les détruire dans un souci (inconscient ?) d'oecuménisme qui s'oriente doucement vers la religion mondiale unifiée que les new-agers préparent avec l'ONU. 1ère démonstration : TOUS les passages classiques qui parlent de repentance ont été complètement modifiés : Matthieu 3:8
Matthieu 4:17 2 Timothée 2:25 Apocalypse 2:22 Apocalypse 16:11 2ère démonstration : TOUS les passages classiques qui parlent de l'évangélisation ont aussi été complètement modifiés : Actes 8:40 Ephésiens 2:17 Romains 2:16 Au sujet de la traduction du mot "évangile" par l'expression "bonne nouvelle", je te propose une étude biblique qui démontre que "évangile" signifie "Parole de Dieu" et que l'on n'a pas le droit de remplacer ce mot par une autre expression... => Clic. 3ère démonstration : TOUS les passages classiques qui parlent de la résurrection de Jésus-Christ ont également été complètement modifiés : Matthieu 26:32 Matthieu 28:7 Actes 2:32 Romains 6:9 Veillons à la défense de la Sainte Parole de Dieu :
La tendance continue avec plus de virulence en ce début de XXIe siècle. Au lieu de "prêcher l'Evangile de la repentance", les traducteurs modernes de la NBS voudraient que "l'on proclame la bonne nouvelle d'un changement radical de vie". Mais cela ne veut plus rien dire ! Car un chrétien qui abandonne Jésus-Christ et devient bouddhiste ou musulman change lui aussi radicalement de vie. Ce n'est pas pour autant qu'il entrera, par la repentance, dans le salut que seul Jésus-Christ a offert aux hommes en mourant sur la croix. En enlevant des versets de la Bible la notion de résurrection, les traducteurs modernes font le jeu des musulmans qui déclarent que Jésus n'est jamais mort sur la croix, mais qu'il a été enlevé au ciel avec Marie. Si on commence à prêcher (pardon : à proclamer !) que Jésus a été "relevé" ou "réveillé" d'entre les morts, cela laisse sous-entendre qu'il n'est (peut-être) jamais mort ! Il faut aussi noter que la NBS ne dit pas "Christ" mais "le Christ", gommant ainsi la spécificité unique de Jésus-Christ : dans la philosophie New-Age, tous les hommes peuvent devenir un "Christ" en se "réalisant pleinement". Ainsi tous les passages bibliques qui évoquent "le Christ" pourront facilement être interprétés dans un sens universel pour chaque homme religieux. Danger ! Je suis convaincu que le mouvement spontané qui s'est crée sur le web pour promouvoir la Bible Martin de 1707 portera de bons fruits pour le Royaume de Dieu car cette bible permettra aux chrétiens de comparer les changements scandaleux qui s'immiscent dans la Sainte Parole de Jésus-Christ. On doit continuer à précher la repentance et le salut de l'Evangile de Jésus-Christ qui est ressuscité des morts et non pas "réveillé" : Bouddha a été appelé "l'éveillé", Jésus-Christ risque de devenir "le réveillé" dans la grande religion New-Age en train de naître ! Si le Seigneur Jésus-Christ diffère encore son retour de quelques années, son Eglise à venir est en réel danger ! A son retour, trouvera-t-il une Sainte Bible intègre et droite qui sera restée fidèle au message du salut par la Croix ? Et Toi, lecteur d'aujourd'hui, si tu as été lavé dans le sang de l'Agneau, te lèveras-tu, dans ton assemblée chrétienne, pour défendre l'intégrité de la Parole de Dieu ? |
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